Jus d’orange (San Francisco, 2000)
Le jus d’orange
était glacé et pulpeux à souhait.
Elle s’installa à l’intérieur d’un café-pâtisserie et posa son verre en carton sur un comptoir en plastique, imitation d’un marbre italien couleur huitre.
Derrière elle la machine à café ronronnait. Le capuccino avait ses amateurs.
Elle se trouvait Down town San Francisco, à l’intersection de Sutter et Grand Street, dans la profondeur des avenues creusées entre les gratte ciel.
Les rues étaient cependant ensoleillées et malgré l’air frais et le vent, la plupart des passants se promenaient bras nus. Elle, n’avait pas quitté son épais manteau, ni son écharpe de velours.
Peu de temps auparavant, elle avait traversé China Town
et plusieurs fois elle avait demandé son chemin. Sans succès, car les gens de ce quartier ne parlaient ni ne comprenaient l’américain. Il aurait fallu leur adresser la parole en chinois. Elle avait été frappée par le nombre de personnes âgées, veilles femme cassée sur une canne, le visage criblée de grains noirs, vieux maigres et rapetissés qui continuaient à effectuer leurs courses, même s’ils pouvaient ensuite à peine porter leur panier. Ils ne semblaient pas en être affectés, ils prenaient le temps et finalement, le temps c’était bien ce dont ils disposaient le plus.
Le jus d’orange l’avait glacée jusqu’au fond du corps. Elle commanda un capuccino.
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