Le café de Pleasantown (Californie, 2000)
Elle était en train de demander un service sur son portable quand un autre client entra, l’oreille
collée à l’écouteur. Au milieu du coffee shop, debout, lunettes de soleil opaques enfoncées sur les yeux, il, elle téléphonaient.
Soleil. Dans le café, la lumière rasante faisait ressortir la poussière qui couvrait les objets décoratifs de la vitrine, un rocking chair et un guéridon miniature recouvert d’une nappe de dentelle sur laquelle était posé un minuscule service à thé
- Serait-il possible d’avoir une tasse et une petite cuillère
?
En acier, pas en plastique, car ici en Amérique et même dans les café un peu cosy comme celui-ci, tous les contenants et ustensiles de consommation étaient jetables, on concevait mal que l’on puisse envisager d’avoir envie de rester sur place. Il fallait emporter : où ?
La femme au portable attendait un homme qui n’arrivait pas. Lui ne devait pas connaître l’endroit, l’idée du rendez-vous au coffee shop n’était vraiment pas bonne. il, elle s'impatientaient.
De toutes façons, dans cette ville, les rendez-vous étaient impossibles. Seuls les solitaires pouvaient y vivre. Ils étaient d’ailleurs les seuls à s’installer aux tables rondes et à se plonger avec tant d’attention dans la lecture des journaux.
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