Capuccino

 


Capuccino (San Francisco, 2000)

 

 

Le café sentait la pizza et la tomate . Bien que petit, il n’était pas du tout enfumé.
Elle s’assit à une table ronde, un peu aveuglée par la lumière si vive du dehors qui se reflétait sur les vitres.

Comme personne ne venait la servir, elle se leva et les coudes posés sur le comptoir elle commanda :
 
- One capuccino and one glass of water, please

Le garçon, un jeune homme au crâne rasé et aux lèvres pleines lui répondit par un sourire (elle avait dû s’exprimer avec un charmant accent français).
Dans le café, les gens parlaient fort comme partout en Amérique. Ils semblaient ignorer toute notion d’intimité ou peut être la réservaient-ils à d’autres lieux.
Elle pensait, San Francisco, ville de la jeunesse, des cheveux frisés, des sandales indiennes et des T shirt blancs. Une façon d’être décontractée qui donnait envie d’essayer.

Un jeune couple essaya de rentrer dans le café, mais la poussette ne passait pas la porte étroite. Ils renoncèrent. Un air de jazz leur effleura la joue.

Un voix d’homme très douce pris la suite de Miles Davis, piano piano… Elle venait d’un coin obscur et donnait envie de s’abandonner, de ne plus rien chercher, simplement d’écouter et
d’être là.